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Biot et Les Templiers 2014

Un peu d’histoire

croix templiersEn 1114, un chevalier champenois du nom de Hugues de Payns revient en Terre Sainte pour la deuxième fois et s’y installe. Vers 1118 (entre 1119-1120 selon Laurent Dailliez), en compagnie de Godefroy de St Omer et de huit autres chevaliers, il crée une milice : les pauvres chevaliers du Christ. Une milice dont l’objectif est de protéger les pèlerins, d’assurer la sécurité des chemins et la garde du St Sépulcre.

Ils résolurent de vivre en communauté suivant l’exemple des chanoines réguliers, régis par la règle de St Augustin et prononcer les trois vœux : Pauvreté, templiers01Chasteté et Obéissance et par un quatrième s’engagèrent à défendre les pèlerins dans leur personne et dans leurs biens.

« La même année 1119, certains nobles chevaliers, pleins de dévotion envers Dieu, religieux et craignant Dieu, se remettent entre les mains du seigneur patriarche pour le service du Christ, firent profession de vouloir vivre perpétuellement selon la coutume des chanoines en observant la chasteté et l’obéissance et en repoussant toute propriété. » Guillaume de Tyr

« Le roi, ses chevaliers et le seigneur patriarche furent remplis de compassion pour ses nobles qui avaient tout abandonné pour le Christ, et leur donnèrent certaines propriétés et bénéfices pour subvenir à leurs besoins. Et parce qu’ils n’avaient pas d’église ou d’habitation qui leur appartint, le roi les logea dans son palais, près du Temple du Seigneur. L’abbé et les chanoines réguliers du Temple leur donnèrent, pour les besoins de leur service, un terrain non loin du palais. » Jacques de Vitry

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Et parce que l’enclos du Temple de Salomon devint ainsi leur lieu d’hébergement, ils changèrent leur dénomination de  « pauvre Chevalier du Christ » en celle de « Chevaliers du Temple, ou Templiers »

On ne saurait préciser la date à laquelle ce changement intervint mais ce fut sous le règne de Baudouin II de Jérusalem.

Malgré des débuts difficiles, l’Ordre va assurer la sécurité à travers le Royaume de Jérusalem pendant près de neuf ans. En 1127, Hugues de Payns et certains chevaliers reviennent en terre de France afin de se faire connaître et obtenir de l’aide. A la recherche d’une légitimité, ils demandent audience au Pape Honorius II qui les écoutera.

Bernard de Clairvaux qui est la plus haute autorité spirituelle de l’époque leur soumet une règle de vie qui sera validée lors du concile de Troyes.

Celui-ci se réuni donc le 13 Janvier 1128 dans la cathédrale de Troyes, présidé par le légat du pape, le cardinal Mathieu d’Albano assisté des archevêques de Sens et de Reims, de dix évêques et d’un grand nombre d’abbés, de scoliastes et de clercs. Parmi les dignitaires du siècle figurent le comte Thibaud de Champagne et le comte de Nevers.

Les frères chevaliers Godefroi, Roland, Joffroi, Bisot, Archambaud de St Amand et Payen de Montedidier assistaient Hugues de Payns.

Celui-ci exposa au chapitre « la manière et l’établissement » de son Ordre :

« Et modum et observantiam equestris ordinis par singula capitula ex ore ipsius predicti magistri hugonis audire meruimus » relate Jehan Michel qui rédigea le procès verbal, et de rajouter :  « ac, juxta noticiam exiguitatis nostrae sciencae, quod nobis videbatur bonum et utile colaudavimus ; verum enimvero quod nobis videbatur absurdum… » ( Et selon la connaissance de la petitesse de notre science, ce qui nous paru bon, nous l’approuvâmes, ce qui parut déraisonnable nous l’évitâmes.

La milice prend alors le nom de  « Ordre du Temple »

Hugues de Payns et ses compagnons, munis de la règle du nouvel ordre, s’étaient dès le printemps 1128, dispersés à travers toute l’Europe pour recruter de nouveaux membres et obtenir des aides matérielles et financières indispensables.

L’idéale Templier, en ce qu’il comportait de vertus chevaleresques et d’esprit de charité, répondait à merveille aux inquiétudes spirituelles.

« Une nouvelle chevalerie est apparue dans la terre de l’incarnation. Elle est veuve, dis je, et non encore éprouvée dans le monde, où elle mène un combat double. Tantôt contre les adversaires de chair et de sang, tantôt contre l’esprit du mal dans les cieux. Et que ses chevaliers résistent par la force de leur corps à des ennemis corporels, je ne juge pas cela merveilleux, car je ne l’estime pas rare. Mais qu’ils mènent la guerre par la force de l’esprit contre les vices et les démons, je l’appellerai non seulement merveilleux, mais digne de toutes les louanges accordées aux religieux….Le chevalier est vraiment sans peur et sans reproche qui protège son âme par l’armure de la Foi, comme il couvre son corps d’une cotte de mailles. Doublement armé, il n’a peur ni des démons ni des hommes. Assurément, celui qui souhaite mourir ne craint pas la mort… » St Bernard de Clairvaux

De nombreux dons des plus divers vont affluer : chevaux, armures, manteaux, braies, chemises, terres et maisons….

L’ enthousiasme gagna les plus grands seigneurs de la chrétienté.

En 1130, en Espagne, Raymond III, comte de Barcelone et Marquis de Provence, prend l’habit et donne ses châteaux de Granena et Barbera.

En 1132, le comte Urgel Ermangaud donne lui aussi son château.

En 1134, Raymond IV de Barcelone et vingt-quatre de ses chevaliers se mettent au service de l’Ordre pendant un an.

Le roi, Alphonse de Castille et d’Aragon ayant enlevé la place de Calatrava aux maures, la donne à la gérance de l’Archevêque de Tolède qui confit la sécurité de la cité aux Templiers. Ce même souverain voulu partager son royaume entre les Templiers et les Hospitaliers car il n’avait point de descendance. Les Templiers refusèrent l’offre en prétextant qu’il n’était point de leur attribution d’être les gérants d’un royaume. Devant leur modestie, le roi leur confia alors les châteaux de Calamera, Montjoie, Curbin, Ramonila, Monzon.

Au Portugal, Don Alphonse, fils de la reine Thérèse, leur donna la forêt de Céra, encore accupée par les Sarrasins. L’ordre les en chassa et fonda les villes de Coïmbra, Ega et Rodin.

Le 29 mars 1139, le Pape Innocent II publie sa Bulle « Omne datum optimum ». Il  va permettre au Temple de prendre son indépendance face au Patriarche de Jérusalem. L’ordre ne payera plus la Dîme mais pourra la percevoir sur ses domaines. Enfin il pourra construire ses propres églises et avoir ses cimetières.

Dés lors, l’Ordre ne cessera de s’émanciper en France puis dans le reste de l’Europe ainsi qu’en Terre Sainte.

De retour en Palestine, L’Ordre est engagé chaque fois que cela est nécessaire. Les Templiers prennent une place importante dans le dispositif militaire défensif du monde chrétien et des Etats Latins et reçoivent de nombreux châteaux : tel que Tortose qui devient leur maison chevêtaine, la Roche Guillaume, Chastel Blanc, Sidon, Beaufort et Gaza. Ils reçoivent aussi une partie de Jéricho et le Temple de Salomon.

Leur nombre, leur organisation, leur discipline, permet à l’Ordre de garantir un dispositif permanant et efficace qui force le respect de ses alliés et suscite la crainte dans les rangs ennemis.

« Lions en guerre, agneaux en paix. Durs et féroces avec les ennemis du Christ, ils marchent précédés d’une bannière noire et blanche, qu’ils appellent Baussant ou Baucéant. »

Le Gonfanon Baussant noir et blanc (qui veut dire mi-parti, s’y ajoute après 1145 une croix de gueule). Il est le point de ralliement des chevaliers lors des batailles. Ils doivent l’entourer du mieux qu’ils le pourront. Un frère ne doit baisser la bannière sous aucun prétexte, même pour se défendre. C’est une faute grave qui est sanctionné par la perte de l’habit.

En 1147, le pape Eugène III assiste à un chapitre, en présence de 130 chevaliers et du maître de France Evrard des Barres. Impressionné, il leur octroie le droit de porter la croix vermeille sur le coté gauche.

«  Que cet insigne, leur serve de bouclier et qu’ils ne tournent jamais bride en face d’aucun infidèle. » La croix symbolise également le martyre et le sang du Christ.

Pendant les croisades, des milliers de pèlerins vont sur les routes en direction de Jérusalem. Hors celles-ci sont peu sûres et bien souvent des brigands et autres coupe-jarrets les détroussent de tous leurs biens. C’est pourquoi, les templiers vont proposer des « attestations de crédit ». Contre une somme déposée dans une des nombreuses commanderies jalonnant sa route, le pèlerin se verra remettre une lettre de change à son nom, sans valeur pour d’autres. Une fois arrivé à Jérusalem, la somme lui est restituée.

Avec la chute de Jérusalem le 23 août 1244 où les templiers payeront un lourd tribut avec la perte de trois cents d’entre eux, les Etats latins tombent les uns après les autres. Les dernières forces Occidentales se regroupent à St Jean d’Acre. Mais à partir du 5 avril 1291, le nouveau Sultan Qalâwun assiège la cité.

Acculé comme les autres défenseur de la ville, les templiers se retirent dans leur couvent-forteresse de « la voûte d’Acre » et se battent jusqu’au dernier. Le 28 mai, ils furent ensevelis avec deux milles adversaires après l’effondrement de la voûte de la commanderie. Cela scella le sort des Francs en Orient.

Ceux qui auront réussi à rejoindre Château Pèlerin, embarqueront pour Chypre le 12 août 1291.

L’ordre va continuer à prospérer après les croisades, achetant des terres et vendant le fruit de ses productions agricoles et artisanales.

Mais pour beaucoup le commerce n’est pas concevable pour un ordre qui prétend vivre dans la pauvreté, de plus la présence de commanderies est mal acceptée par les autorités cléricales locales.

La raison d’être de l’Ordre résidait dans les croisades. Mais tout cela est maintenant terminé et nombre de ceux qui avaient un idéal sont tombés en Terre Sainte. Il devient évident que son existence est menacée par ceux qui considèrent sa présence comme inutile. L’Ordre parait de plus en plus orgueilleux et ne semble plus attirer que des gens sans scrupules.

En 1293, Jacques de Molay est élu à la tête de l’Ordre. Il refuse la demande du pape Clément V de fusionner avec les Hospitaliers.

A cette époque, les terres du Temple, sont cinq fois plus nombreuses que celle du roi de France, Philippe Le Bel. Ce dernier a du mal à assouvir son pouvoir et son autorité alors que ses barons se gaussent de la situation. De plus le Souverain a des problèmes d’argent et ses relations avec Clément V sont tendues.

C’est son conseiller Nogaret, son conseiller qui va tout manigancer. Il connaît un ancien templier : Esquieu de Floyran chassé de l’Ordre et jeté en prison pour de graves fautes. Celui-ci lui rapporte de soi-disant pratiques d’adorations d’idoles, d’actes obscènes et d’hérésie. Les prétextes de chocs sont trouvés.  Nogaret va en informer le roi qui va commander l’arrestation de tous les Templiers.

Tôt le matin du vendredi 13 octobre 1307, toutes les commanderies sont investies par les forces royales.

Philippe le Bel ordonne alors que les templiers soient jugés. A partir du 19 octobre, des interrogatoires seront mis en place et la torture sera utilisée pour les faire avouer.

Trente huit d’entre eux vont mourir en refusant de parler. Mais certains avoueront dans la confusion la plus totale: sodomie, adoration d’idole, reniement de la croix et sympathie avec l’Islam.

Cinquante quatre d’entre eux seront brûlés à Paris le 12 mai 1310. A la suite de cet événement, les templiers avoueront tout et n’importe quoi afin d’éviter le bûché.

Le 22 mars 1312, le Pape Clément V dans sa Bulle « Vox in excelso » prononce non sans amertume l’abolition de l’Ordre du Temple. Ses biens seront redistribués aux Hospitaliers

Le 18 mars 1314, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay avouent avoir menti et préfèrent mourir l’âme en paix plutôt que de laisser accusé l’Ordre de la sorte.

Le même jour, Philippe le Bel décide de réunir son propre conseil et condamne de relaps les deux templiers. Faisant fi de la bulle qui protégeait l’Ordre, uniquement sous tutelle du Pape et outrepassant ses droits, il le envoie au bûcher installé en toute hâte sur l’île aux juifs face à Notre-Dame.

On dit que c’est sur le bûcher que Jacques de Molay cita le Pape Clément V et le Roi de France à comparaître devant le tribunal Divin avant un an.